Commentaires suite au plan d’urgence pour l’hôpital fait le 20-11-2019

Le gouvernement nous a entendus, mais certainement pas écoutés…

Le gouvernement a débloqué des moyens financiers mais cet effort, au regard de l’épuisement des professionnels, est insuffisant. Une augmentation de salaire pour le personnel non médical, même minime, aurait été un signe fort de reconnaissance des efforts consentis depuis 10 ans.

Ce plan vise à trois objectifs : »réinvestir dans l’hôpital en lui donnant des moyens nouveaux et de la visibilité dans le temps », « renforcer l’attractivité des métiers, fidéliser les soignants » et « lever les blocages de l’hôpital public ».

L’axe « réinvestir dans l’hôpital » prévoit plusieurs mesures financières

  • Le dégel des crédits mis en réserve début 2019, soit 400 millions d’euros (M€), ces crédits étant hors de l’enveloppe budgétaire de 1,5 milliard d’euros annoncée sur 3 ans
  • Déblocage de 1,5 milliard d’euros sur la période 2020-2022, correspondant à 300 M€ de crédits supplémentaires en 2020, 500 M€ en 2021 et 700 M€ en 2022.

Ces 1,5 milliard d’euros correspondent à une augmentation de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) pour 2020 de 2,45% (soit +2,4% pour L’ONDAM hospitalier contre 2,1% initialement prévu).Les revendications du CIH étaient d’augmenter l’ONDAM de 4%. Nos établissements vont démarrer l’exercice 2020 avec un déficit de 1,6%.

Nous soulignons toutefois l’effort réalisé.

  • La reprise d’une partie de la dette hospitalière (estimée à environ 29 milliards d’euros) à hauteur de 10 milliards d’euros à partir de 2020. Cela va soulager certaines trésoreries mais quid des établissements qui ont fait des efforts important pour revenir à l’équilibre voire dégager des bénéfices pour financer la construction d’un nouvel hôpital ?
  • 150 M€ par an sur les 3 prochaines années pour l’investissement hospitalier courant, par exemple pour l’achat de matériel.
  • Pas de baisse des tarifs hospitaliers jusqu’en 2022 compris. « L’objectif est d’augmenter chaque année les tarifs d’au moins 0,2% et de faire encore mieux quand ce sera possible grâce à une meilleure pertinence des soins ». Quels sont les moyens donnés, humains et matériels pour réfléchir à la pertinence des soins?

L’axe « lever les blocages de l’hôpital public »

  • Adapter la gouvernance et le management des hôpitaux, en intégrant davantage le personnel médical et soignant. Réponse concrète à une des revendications du collectif, il reste à savoir comment cela va être mis en place ?
  • Alléger les procédures administratives des hôpitaux, avec notamment une suppression des concours de praticiens hospitaliers et une publication des postes « au fil de l’eau ». C’est uniformisation des pratiques pour le métier de médecin hospitalier
  • Le lancement d’une mission, jusqu’au 1er semestre 2020, sur la gouvernance et la simplification des hôpitaux, confiée au Pr Olivier CLARIS. La pédiatrie est en grande difficulté c’est plutôt positif que le travail d’analyse soit entamé par ce secteur en crise. Il faudra rester vigilant quant aux propositions faites.
  • L’accélération de la finalisation des protocoles de coopération entre professionnels afin de libérer du temps médical et soignant. C’est bien mais ça demande des moyens…
  • De lutter contre les dérèglements induits par l’intérim médical avec notamment le lancement de campagnes de contrôle individuel dès fin 2019. Enfin…

L’axe « renforcer l’attractivité des métiers et fidéliser les soignants

Accompagner les débuts de carrière des soignants

Pour le personnel non médical:

  • Extension du contrat d’engagement de service public (CESP) pour les étudiants pour un certain nombre de professions concernées par des difficultés territoriales d’accès aux soins (indemnité mensuelle de 750 euros). Bonne nouvelle, cela peut réduire la précarité étudiante.
  • Extension aux non-médecins de la prime d’engagement dans la carrière hospitalière (PECH) pour les métiers en tension (deux niveaux de 10.000 € et 15.000 €) Bonne idée
  • Extension à la fonction publique hospitalière de l’indemnité temporaire de mobilité qui existe déjà pour l’Etat. Bien
  • Pour le personnel médical: Nous ne maitrisons pas assez le dossier pour avoir un avis.
  • Augmentation du montant et du nombre de bénéficiaires de la prime d’engagement de carrière hospitalière (PECH), avec deux niveaux à 15.000 € et 30.000 €
  • Fusion des 4 premiers échelons du statut de praticien hospitalier, avec un accès plus rapide au bénéfice de l’indemnité de service public exclusif (ISPE)
  • Augmentation de la prime d’exercice territorial (PET)
  • Le plan prévoit aussi de consolider l’attractivité des métiers hospitalo-universitaires
  • Le ministère rappelle que le statut du médecin à l’hôpital doit être « profondément réformé ».

Renforcer l’attractivité des hôpitaux situés dans les territoires en tension.

Allocation d’une prime annuelle nette de 800 € aux 40.000 personnels hospitaliers travaillant à Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis ou dans le Val-de-Marne et gagnant moins que le salaire médian (environ 1.950 € net par mois). Cette mesure s’ajoute aux actions annoncées par l’agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France pour l’AP-HP. La province est encore une fois oubliée, merci pour le clivage et l’essai de destruction d’une communauté hospitalière qui a su se fédérer le 14 novembre. Le logement et les déplacements deviennent aussi de plus en plus couteux ( en temps et en argent)dans les grandes métropoles

Mise en place d’une politique de valorisation financière des équipes engagées dans des projets de transformation (prime annuelle d’environ 300 euros en moyenne) Négociation locale ?…quid du clientélisme ?

Revaloriser le métier d’aide-soignant, avec la mise en place un grade de débouché en catégorie B qui pourra bénéficier à plus de 10.000 professionnels par an. Positif mais à l’aulne de la réforme des retraites quelles vont être les conséquences ?

Prime de 100€ pour les AS ayant une spécialisation en gériatrie (ce qui était déjà prévu et mis en place NBI pour les AS ayant fait la formation d’ASG, assistant de soins en gérontologie)

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