Les cadres partie prenante du CIH

La lettre « être cadre de santé à l’hôpital » a fait son bout de chemin et a fait écho à des milliers de cadres de santé dans tout le pays. Combien de témoignages a-t-on reçu pour dire le sentiment de voir enfin exprimée la pensée des cadres de santé face au contexte actuel. Mais ce sont surtout les cadres eux-mêmes qui ont commencé à s’approprier ces mots MOTS/maux MAUX, trop longtemps refoulés, trop honteusement niés et trop souvent tus. La lettre est devenue un manifeste dont les cadres se sont emparés. Ceux du CIH Robert Debré qui se sont rapidement rassemblés en collectif et ont décidé de se rallier autour de ce texte. Ils en ont fait une pétition qui a recueilli en quelques jours 1500 signatures. À Pau, les cadres de santé massivement mobilisés, ont initié le mouvement du CIH, et sont parvenus à rallier les médecins il y a quelques jours. À Robert Debré, à Ambroise Paré, à l’AP-HP, les cadres sont massivement en grève ce jour. Les témoignages et les actions se multiplient. Cet épisode est historique car pour les non-initiés, les cadres sont généralement incités à coopérer en silence, à éteindre les mèches en masquant la fumée, à accepter de voir leur travail réduit à des tâches ingrates, fruit d’une gestion qui a perdu tout sens. Car comme expliqué le 10 octobre, la détérioration des organisations, des processus, des conditions de travail sont le résultat de trop de restrictions, de trop d’injonctions qui ne collent pas au terrain, de trop de méconnaissance de nos problématiques par les décideurs. Malgré tout, notre voix est souvent inaudible. Mais ici nous voulons témoigner de cette étincelle que nous percevons. Qui permet progressivement de raviver l’espoir d’un lendemain meilleur pour notre métier, pour nos équipes, pour nos patients. Le temps est venu pour nous tous, les cadres, de retrouver notre dignité, notre voix, notre force. C’est l’occasion enfin de poser nos diagnostics sur la situation catastrophique dont nous sommes trop souvent les témoins. Nous avons collectivement une responsabilité qui dépasse notre devoir de réserve. Ce même devoir de réserve dont nous pouvons nous affranchir ici dans ce mouvement. Car ce n’est pas un mouvement à l’encontre de nos directions ou de nos tutelles. C’est un mouvement qui demande à notre État de reconnaître la valeur de ses agents, de leur travail, de leur service rendu à nos concitoyens. C’est un mouvement dans lequel d’ailleurs tous autant que nous sommes, nous nous positionnons tout autant en tant que professionnels que d’usagers. Nous sommes d’ailleurs conscients de la valeur de notre bien commun. Car sinon nous partirions aussi vers des horizons meilleurs. L’offre est présente et tentante quand on voit le traitement qui est le nôtre. Mais c’est bien parce-que nous sommes profondément attachés à nos missions, à nos valeurs, à nos collègues, à la conviction que nous pouvons faire mieux que nous avons rejoint ce collectif. Nous sommes pour la plupart convaincus par les possibilités de l’hôpital public. Car les cadres savent mieux que quiconque ce qui fait la performance d’une équipe de travail : le collectif. Nous apprécions quotidiennement à quel point chaque professionnel ajoute sa petite pierre à une expérience patient réussie. Du jardinier au serrurier, de l’informaticien à l’ingénieur travaux, du logisticien à l’infirmière, de l’aide-soignant au médecin, de la secrétaire aux directeurs, de la psychologue aux kinés, et des dizaines d’autres métiers au service du patient. Mais tous sont des professionnels épuisés, frustrés, tristes ou qui partent après quelques années avec leurs compétences acquises dans ces structures d’excellence pédagogique. Le collectif inter hôpitaux représente un mouvement qui demande un changement de paradigme, un sauvetage urgent. Au-delà de l’impérieuse nécessité de revaloriser les salaires, d’augmenter le budget pour arrêter l’asphyxie, il est évident pour tous désormais que nous avons besoin d’une nouvelle gouvernance qui associe de façon égale les administratifs, les médecins et les paramédicaux, aux décisions stratégiques des établissements publics de santé. Pour cette deuxième AG et jour de manifestation nationale, nous appelons donc l’ensemble de l’encadrement à lire, signer, relayer davantage la pétition des cadres de santé, la motion du CIH, qui expliquent ce pourquoi nous sommes mobilisés ce jour. Nous appelons les cadres à sortir de leur inertie, de leur silence pour pouvoir proposer enfin des solutions à l’image de leurs savoirs. Nous sommes à un carrefour important dont l’issue déterminera notre avenir à tous au sein de l’institution.

Signer la pétition des cadres :

http://chng.it/HDpfGZJjRF

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